Lille : manifestation contre les violences policières commises dimanche dans un camp de Rroms

Après les attentats de Charlie Hebdo et de l’HyperCasher, des centaines de personnes acclamaient la police et brandissaient des panneaux, « je suis flic » à côté du slogan publicitaire « Je suis Charlie »…
On oublie vite les crimes des policierEs dont le panel d’actions s’étale de l’intimidation au meurtre en passant par les contrôles au faciès, les atteintes à la dignité, les coups, les abus de pouvoir et les mutilations.
Ni oubli, ni pardon

Lutte en nord

 Violences policières Rroms

Suite au comportement scandaleux des policiers de la BAC contre les Rroms du « camps » des 4 cantons à Villeneuve d’Ascq, réagissons massivement :

Manifestation contre les violences de la BAC contre les Rroms
Mercredi 11 février 2015
Place de la République à Lille à 18 h

Le dimanche 8 février vers 22 heures, 4 policiers de la Bac en civil sont intervenus dans le « camp Rrom ». Visiblement éméchés, ces policiers se sont mis immédiatement à gazer les gens qui s’approchaient, surpris d’une telle intrusion. Ils s’en sont pris ensuite aux enfants jusqu’à ce que des adultes les repoussent du camp. Les policiers ont alors sorti leur révolver et ont tiré des coups en l’air.

Ils ont ensuite appelé leurs collègues qui sont immédiatement arrivés. Ce sont ces collègues en uniforme qui ont mis fin à l’accident en « engueulant » les policiers de la…

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Une belle année noire en perspective!

J’ai un mal fou avec les convenances qui veulent que l’on formule des vœux, que l’on se souhaite une bonne année, une bonne santé, la réussite et  blablabla à qui veut l’entendre. Oui, c’est bien de se dire de gentilles choses, d’avoir une pensée pour les autres mais… La première semaine de l’année serait donc la semaine où il faut être sympa avec les autres. On souhaite « tout le bonheur du monde » à ses proches, sa famille mais aussi à sa hiérarchie, à celleux qui tout au long de l’année se moquent bien de comment on va et encore plus de qui l’on est, à celleux qui n’en ont au final rien à foutre que nos vœux soient exaucés ou que notre vie soit un cauchemar cette année encore. En fait, cette semaine est surtout représentative du vide sidéral qu’est l’existence normée et des codes mis en place pour y palier…
Je ne jette pour autant la pierre à personne car j’ai bien conscience qu’il est compliqué de sortir du dogme de la bienveillance de la semaine 1/52. J’ai beau jouer les empêcheuses de tourner en rond, j’y suis soumise comme vous et ce billet d’humeur (pas obligatoirement mauvaise!) va en un sens répondre à la convenance, puisque je l’écris un 2 janvier… Mais je vais tenter (gentiment) de botter le cul à la convenance !

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Une belle année noire s’annonce!

2015 sera la suite logique de 2014. Elle comportera son lot de mauvaises nouvelles, d’actualités anxiogènes, et sera certainement plus dense encore en la matière. Les guerres,les famines, l’absence de toit continueront de tuer et l‘économie libérale, de broyer des centaines de millions de personnes selon une logique aussi communément admise qu’inhumaine. Le refrain qui veut que les riches deviennent encore plus riches et les pauvres, encore plus pauvres résonnera en alternance avec les différentes réformes qui ne feront que creuser un peu plus le fossé sous prétexte de relancer la croissance. La bêtise et la bovinerie – voire la porcherie – de certainEs se confirmera tristement. La duplicité, la pauvreté d’âme, l’égoïsme de certainEs autres qui n’hésiteront pas, pour préserver leur statut, leur confort (pour protéger leur cul, disons-le) à écraser leurs pairEs sera de plus en plus criante… Ça envoie du rêve non ?

Oui, c’est pas gai présenté comme ça… Mais on a toujours tendance à être interpelléEs par ce qui est négatif, flippant, et à trop peu relever ce qui est positif, engageant. Pourtant quand une situation se dégrade, une montée en puissance de la résistance s’opère sous différentes formes et  ça branle (sérieusement) dans le manche en ce moment.
J’ai souvenir de manifs anti-répression avant 2014 où nous étions à tout casser 300 (j’ai pas dit 300 à tout casser, je précise! )dans les rues de Naoned, et aujourd’hui, ce sont en moyenne dix fois plus de personnes qui se bougent sans que les mots d(e dés)ordre n’aient été modifiés. Des personnes qui ne font pas obligatoirement partie de la sphère militante, qui sont juste dégoûtées de la manière dont tourne ce monde y prennent part. Les ZADs qui se montent partout sont un autre indice de cette prise de conscience plus large. Ces rassemblements qui ne demandent pas de permission et ne découlent ni d’une centrale syndicale ni de partis politiques, ces émeutes qui éclatent partout dans le monde expriment la colère, le dégoût et la défiance qu’inspirent les Institutions des États à une part croissante du populo. Quand on n’a plus rien (ou de moins en moins) à perdre, les peurs tombent et la terreur change peu à peu de camp ; la violence aveugle des répressions policière et judiciaire illustre pas mal l’état de panique des appareils étatique tout entier. Ce qui est fort, c’est que l’on peut constater que ce que l’on connaît chez nous trouve une résonance au quatre coins du monde. La vitrine de l’État de droit est sérieusement étoilée… Et ça c’est toute l’année !

Si je me délecte de ces constats, si mes yeux brillent en repensant à la pluie diluvienne de caillasses qui s’est abattue le 1er novembre sur les bleuEs, Cour des Cinquante Otages à Nantes, ou en me repassant les images surréalistes du 22 février 2014, ce n’est pas pour autant que je « m’éclate » sur les temps d’émeute et de confrontation. J’ai certes l’amour de ces moments durant lesquels le carton-pâte du décor communément admis – la ville si propre et tout ce qu’elle comporte d’artifices – se fissure pour qu’entre enfin en scène l’expression débridée d’une saine colère, d’un ras le bol général de cette vie là. Je trouve ça romantique : ça vit, c’est puissant, ça transcende. En tous cas quand je compare ces souvenirs ardents avec ceux du petit quotidien normé et gris qui a failli avoir ma peau il y a de ça presque 8 ans, il n’y a pas photo…

Manif annuelle contre le projet d'aéroport - Nantes, 24 mars 2012 Photo d'Yves Monteil - Citizen Nantes

Manif annuelle contre le projet d’aéroport – Nantes, 24 mars 2012
Photo d’Yves Monteil – Citizen Nantes

Mais ce que j’aime par dessus tout c’est voir s’établir tout naturellement les solidarités dans des lieux improbables, entre des personnes que l’on n’a pas l’habitude de voir interagir et qui le vivent avec spontanéité, sur un mode totalement désintéressé. EnrhuméE dans un tram, vous viendrait-il le réflexe de demander un mouchoir à quelqu’unE ? J’imagine que non et si oui, alors chapeau! Lorsqu’on est sur une manif tendue qui vire à l’émeute, le réflexe de celleux qui ont amené de quoi se protéger, c’est de partager leurs doses de sérum, leurs bouteilles de maalox, leurs masques, leurs foulards, leurs conseils aussi ; c’est de faire attention les unEs aux autres. On ne se connaît pas, mais on se reconnaît. C’est à mes yeux l’indice que nous avons bien plus de poids dans la balance du rapport de force que ce que nous imaginons et je pense que c’est précisément ce qui fait flipper le pouvoir en place!

Les manifs sont la partie émergée de l’iceberg insurrectionnel mais l’insurrection c’est aussi la désobéissance aux lois, aux règles et aux codes sociaux. Tant que je me conforme aux usages en vigueur, même avec les meilleures des excuses, je collabore. Tant que je me sens seulE, même si j’espère des jours meilleurs, je ne fais rien. Mais si je me lie à des personnes de mon coin qui partagent la même critique que moi de ce monde, et si ensemble nous commençons à nous organiser pour nous libérer touTEs autant que nous sommes et à désobéir ensemble, alors nous cessons de collaborer et participons à faire tomber l’édifice, au côté d’une myriade de groupes comme le nôtre.
L’organisation dominante que nous subissons ne repose que sur la foi que l’on a en elle. Mais après tout, pourquoi l’État, le grand spectacle politicien, le pouvoir ? Pourquoi la démocratie, la république ? Pourquoi monnaie et propriété dirigent-elles le monde ?… Pourquoi pas des communes libres et indépendantes, l’abolition de tout pouvoir,  de l’argent, de la propriété ? Pourquoi pas une autogestion guidée par le bien commun, la satisfaction des vrais besoins de touTEs ? Pourquoi pas une auto-organisation collective et spontanée ?
Des expériences du passé terriblement réprimées nous prouvent qu’il est tout à fait possible de faire autrement, d’imaginer d’autres formes de vie selon d’autres valeurs. Réaliser que nombre des présupposés qui nous sont inculqués dès notre plus tendre enfance ne sont que des vues de l’esprit, c’est ouvrir la porte à d’innombrables possibles. Plus nous commencerons à les passer à la pratique par notre action simple et quotidienne, plus nous aurons de chances d’en finir avec le vieux monde.

N’attendons donc plus un jour précis pour faire tinter nos verres. Ce que je vous souhaite aujourd’hui, je vous le souhaiterais volontiers chaque jour et ça n’a rien d’un vœu ou d’une incantation :

Trinquons à la fin de ce monde, dansons jusqu’à l’effondrement, portons un toast à nos liens, à nos amitiés, à nos luttes, à la vie! Épanchons chaque jour et chaque nuit notre soif de liberté, savourons le respect que nous nous portons les unEs les autres, le respect que nous avons pour nous-mêmes. Que des milliers de brasiers fassent ressurgir en nous les enfants altruistes et enjouéEs que nous étions! Que brûle en nous le feu ardent de la révolte et qu’il réchauffe nos cœurs roidis par nos si mornes quotidiens! Vivons pleinement, ne refrénons plus nos sentiments de révolte et ayons confiance en notre capacité à créer les bases d’un monde où l’on n’attendra pas de décréter une semaine de mièvrerie sur fond de crise de foie pour avoir une pensée (et sincère en plus) pour les autres. Un monde où chaque jour de l’année la solidarité, la créativité, l’insoumission face à tout ce qui tente nous asservir et notre force collective seront à l’honneur. Je nous souhaite de vivre vraiment, loin de tout ce qui peut être surfait, loin des fausses consolations, en dehors des faux-semblants qui rancissent l’existence jusqu’à la rendre gerbante.

En bref: Vivez!

Et au prochain billet :)

Enguerrand en grève de la faim contre l’acharnement du ministère public

Engué est un ami et un camarade de lutte depuis mes quasi débuts. Il a été condamné à un an de prison car son ADN a été retrouvé sur un fumigène balancé vers le mur qui coupait le centre ville de Nantes en deux le 22 février dernier. Il avait fait l’objet d’une véritable machination policière un an auparavant, mise en lumière et démontée in extremis grâce à la réactivité de nos camarades. Je relaie cet article publié en tribune libre sur Citizen Nantes et j’espère que vous en ferez autant. La « Justice » est elle aussi un outil de répression régulier à l’encontre de nos luttes. Courage Engué, courage aux tienNEs!
Liberté pour Engué
Enguerrand est en grève de la faim contre l’acharnement du Ministère public Aujourd’hui 13 novembre 2014, Enguerrand entame une grève de la faim. Vendredi dernier, il a vu sa demande d’aménagement de peine acceptée par la JAP (Juge d’Application des Peines). Il aurait du sortir hier, sous bracelet électronique, et commencer à travailler à partir de lundi. Sa libération a toutefois été suspendue par le parquet, qui fait appel au prétexte qu’il n’a pas travaillé entre janvier 2013 et son incarcération.  Et pourtant, Enguerrand travaille en prison, et il a pour lui les avis du SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation) et de la pénitentiaire : le dossier rêvé. Cette décision politique soulève deux paradoxes : Le procureur, par sa décision, empêche Enguerrand d’occuper l’emploi qu’il avait décroché au motif qu’il n’aurait pas travaillé pendant un an. Le ministère public se déjuge en allant bien au-delà de la peine qu’il avait requis lors du procès du 1er avril, à savoir 6 mois ferme. Cela va faire 7 mois et demi qu’Enguerrand est sous les verrous. La date d’appel n’est toujours pas connue. Comité de soutien à Enguerrand Source : http://www.citizen-nantes.com/article-n-ayons-pas-peur-de-resister-lettre-de-prison-d-enguerrand-124196609.html

[Jeudi 6 novembre 2014] Actus/Infos

Je ne peux qu’être d’accord. Le meurtre de Rémi par la gendarmerie et la fermeté de l’Etat qui persiste et signe dans sa spirale répressive déclenche une solidarité entre toutes les strates de la société qui souffrent de la violence étatique quotidienne. Et maintenant à Paris et sa banlieue se sont les lycéenNEs qui bougent et bloquent leurs lycées.
Courage à vous camarades du Testet!

Tant qu'il y aura des bouilles

Visiblement, à quelques endroits en France, il y a une jonction que nous pouvons observer de deux manières. D’une part on peut le voir ainsi : des gens des « quartiers » ont rejoint les personnes en lutte pour un petit bout de jardin sauvage au Testet, solidaires et en colère suite au meurtre par la gendarmerie d’un militant botaniste opposant au barrage. Et d’un autre côté, on peut le voir autrement : la lutte écolo du Testet a rejoint celle des quartiers, qui fait face aux violences du système répressif tous les jours. Ne serait-ce qu’à Paris, on peut compter presqu’une personne tuée par la Police… par semaine. Sans compter toutes les vies cassées par les flics et les juges qui enferment pour un rien dans les prisons surpeuplées. Cette observation, en introduction de ce fil d’info du 6 nov 2014, c’est la réalité telle qu’elle est pour des centaines et…

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