Ⓐbécédaire de la répression d’État

Rémi Fraisse avait 21 ans.
Il était venu donner de la voix sur le rassemblement de la ZAD du Testet contre la construction du barrage de Sivens le week-end du 25-26 octobre dernier. Et maintenant, Rémi est mort.
Durant deux ou trois jours le doute a été soulevé quant aux causes de son décès : Avait-il des objets dangereux dans son sac à dos? Des pétards, des fumis, des cocktails molotov…Une bombe aérosol peut-être? La réponse de l’expertise a été sans appel : Ce qui a tué Rémi, c’est le tir tendu  d’une grenade offensive de type GLI F4 par un gendarme mobile. Autrement dit, un représentant de l’État a ôté la vie d’un jeune et bénéficie du soutien plein et entier des institutions qui l’ont armé. L’État a officiellement inscrit le meurtre au catalogue de ses méthodes de « dialogue social ».

Rassemblement en hommage à Rémi

Rassemblement en hommage à Rémi

Au delà du recueillement, de l’expression de la tristesse des milliers de personnes qui y participent, les cortèges qui ébranlent les rues et les murs des villes et des métropoles gentrifiées sont porteurs d’une saine colère et d’une rage légitime qu’aucun média mainstream n’est capable de (et/ou ne souhaite)  retranscrire et encore moins de démystifier aux yeux du reste de l’opinion publique.
Je crée cette page dédiée à la répression Étatique car rares sont les lieux d’information où il est possible de trouver un éclairage différent de la situation ; une situation qui n’a malheureusement pas attendu la mort de Rémi pour commencer mais qui était traitée de façon anecdotique par une presse complaisante jusqu’à ce soir fatidique du 25 octobre. Je veux vous parler des violences policières mais aussi de la répression judiciaire qui sévissent dans le giron de l’Etat Français. Je veux partager avec vous le fruit d’heures de discussions, de débats sur ces questions sensibles et les expériences que mes camarades et moi avons traversées.

J’ai participé à la manif du 1er novembre à Nantes, ville devenue un des points de cristallisation des questions répressives depuis le 22 février 2014. Je me souviens de discussions avec de mes camarades au lendemain de ce samedi de défouloir policier (plus que de guérilla urbaine) du début 2014 et de notre certitude partagée au regard de la violence qui s’était abattue sur nous : « Un jour, il y aura unE mortE ». C’est arrivé, et la mort de Rémi nous dit qu’il est plus qu’urgent de nous emparer de ces thèmes afin que plus jamais l’Etat et sa police ne puissent tuer impunément.

 

 

 

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