Les insurrections sont finalement venues

Je viens de terminer une lecture des plus nourrissantes et dont il me semble bon de vous parler. Après L’insurrection qui vient, le Comité Invisible a sorti un deuxième ouvrage aux éditions La Fabrique:  A nos amis.
Ce bouquin m’a été prêté et maintenant que je l’ai terminé, il va être à nouveau prêté. C’est le genre de livre qu’il faut se passer de mains en mains, entre amiEs, camarades, en famille. Une perle d’analyse si fine et réaliste, si proche de nous et de nos quotidiens qu’elle ne peut que nous parler en ces période trouble.
Si vous vous demandez encore ce que vous pourriez offrir à vos proches pour une prochaine occasion (ou une occasion prochaine), ce bouquin est un cadeau de choix : un outil de libération de la pensée. Je n’ai pas pour habitude de faire de la promo, mais là il est question d’un investissement raisonnable et intelligent, visant à disséminer une pensée divergente dans laquelle nombre de personnes, jusqu’au moins sensibilisées aux questions politiques, peuvent se reconnaître et trouver de nouveaux repères dans leur façon de se dessiner le monde.
Passez par des libraires indépendantEs ou mieux encore, trouvez le d’occaz!

ànosamis

L’anonymat des auteurEs permet l‘appropriation du propos tenu au fil des pages. Je me suis sentie faire partie de ce Comité Invisible, de ses amiEs. J’ai presque angoissé d’arriver au bout des 242 pages, je ne voulais pas que ça finisse… Mais ce n’était qu’un début, le début d’un plan. Je vis cette lecture et ce qu’elle a remis en ordre dans ma propre réflexion comme une invitation à continuer sur la voie que j’ai choisi : Celle de la révolte face au vieux monde.
L’analyse est parfois cinglante, dure, mais ce réalisme abrupte (un décorticage au scalpel des notions du vieux monde) est bien plus doux que le marasme dans lequel nous baignons quotidiennement touTEs autant que nous en sommes en tentant de garder la tête hors de l’eau. Elle m’a fait l’effet d’une bouffée d’oxygène. Porter ces coups aux présupposés établis comme la norme à laquelle est soumise toute vie peut être déroutant, mais une fois effondrées nos certitudes, nous avons le champ libre pour imaginer autre chose, d’autres formes de vie. Nous pouvons envisager de vivre vraiment. Mettre en lumière les liens que les mouvements nés au quatre coins du monde durant ces sept dernières années entretiennent sans en avoir obligatoirement conscience. Définir l’omniprésence de « l’ennemi » et son absence des vieilles structures auxquelles se sont attaquées les révolutionnaires d’antan, mettre à bas les schémas politiques dans lesquels nous nous embourbons trop souvent, évoquer la capacité créative infinie des rebellions, considérer que l’auto-organisation des mouvements est une fin en soi, une reprise en main directe du commun, une construction solidaire d’une autre façon de vivre, de s’organiser, de fair mouvement… Cet essai est un regard neuf et qui me semble très juste sur le contexte et engageant pour la suite des événements (même si nous devons être conscientEs du risque de contre-révolution…)

La fin de cette hypercivilisation mondialisée, fondée sur la généralisation du mode de vie croissanciste (et donc insoutenable) semble alors plus qu’une calamité, être une véritable aubaine. Nous sommes de plus en plus nombreureuses à constater l’état de déliquescence de nos « sociétés » et les terrains de résistances aussi offensives que créatives du monde entier sont l’indice que le nombre de déterminéEs à enrayer la machine ne fait qu’augmenter.
Ce mouvement a d’ores et déjà commencé. Les manifestations et les émeutes, le mouvement des places, les ZADs qui partout fleurissent sont les lieux et les temps visibles de ces résistances; des moments de rencontre et de prise de conscience du nombre que nous sommes à vouloir vivre vraiment et des forces dont nous disposons en nous rassemblant. Les répressions policières et judiciaires sont l’indice du déclin engagé, d’un pouvoir qui n’est plus rien dès que l’on ne croit plus en sa toute puissance, que l’on se détourne de lui et que l’on s’auto-organise pour notre autonomie, et que l’on vit mieux ainsi! Bien que les coups assénés soient terribles et risquent d’être de plus en plus durs,  je ressens de la joie à penser l’avenir de nos mouvements.
Si ce livre m’a plus confortée dans ce que je pensais déjà qu’il ne m’a appris, il aura au moins eu le mérite de me regonfler en optimisme! Maintenant, à vous, amiEs, de vous en emparer à votre tour!

 

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