Rémi Fraisse – Les mensonges d’État au grand jour

De nouveaux éléments mettant en cause directement l’État et ses représentants ont été dévoilés par Médiapart.  Ces révélations font écho à la  la lettre ouverte de Farid El Yamni à la mère de Rémi Fraisse. Il s’exprimait en ces termes le 3 novembre dernier:

Manuel Valls dit que les violences sont des insultes à la mémoire de Rémi, mais sachez que Manuel Valls, par son inaction à combattre l’impunité policière, est le premier meurtrier de votre fils. C’est un criminel récidiviste. Il est venu à Clermont-Ferrand une semaine avant le rendu du rapport de contre-autopsie bidon dont il connaissait les aboutissants, et il n’a parlé de l’affaire que pour mieux condamner les violences de ceux que la mise à mort de mon frère révoltait.


La famille est en train de réaliser que la mort de Rémi n’avait rien d’accidentel, mais tout d’un crime d’État. Car c’est bien l’État qui ordonne à ses forces de l’ordre d’écraser systématiquement toute contestation remettant en cause les logiques libérales dont il est le promoteur et c’est lui qui les arme (grenades en tous genres, flashballs, tasers…) pour mener à bien cette mission. C’est aussi l’État et sa « justice » qui régulièrement dédouanent les coupables de violences policières et la chaîne de commandement et ouvrent ainsi un boulevard à la répression. Tout comme c’est l’État qui donne le feu vert à l’arbitraire policier en stigmatisant des strates entières de la population civile (immigréEs sans papiers, pauvres, personnes issues de l’immigration, Roms, etc…).

Comme elles demeurent souvent impunies, les  violences policières — qui vont de l’abus de pouvoir au meurtre en passant par les blessures, mutilations, actes de barbarie… —  sont de plus en plus fréquentes et ont rarement été aussi médiatisées qu’elles le sont aujourd’hui depuis le meurtre de Malik Oussekine par la police .
Farid El Yamni évoque dans sa lettre ouverte le comportement des policierEs. Cet article analyse les obédiences politiques des gendarmes mobiles et Gardes Républicains et ici vous trouverez un court article relatant de l’orientation politique du syndicat de police Alliance.  Rappelons que la police et la gendarmerie sont des corporations dans lesquelles la camaraderie implique de se couvrir les unEs les autres. Nous en avons déjà eu plusieurs exemples, et les murs du Tribunal de Grande Instance de Nantes ont résonné à plusieurs reprises de ces mensonges assermentés.

Ce ne sont donc pas les « violences des manifestantEs » qui insultent la mémoire de Rémi, mais toute cette machinerie politico-médiatique qui s’applique à dissimuler et maquiller la vérité, à criminaliser le mouvement anti répression (et plus largement, les luttes sociales et environnementaux), et à légitimer la violence de l’Etat, seul coupable de l’embrasement.

Quoi de plus logique alors, que cette colère qui se déverse dans les rues de Nantes, Paris, Toulouse, Rennes, Lille, Dijon, Rouen et d’ailleurs?

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